La Conférence de Copenhague s'ouvre donc demain dans un climat relativement apaisé et optimiste. Les ultra mondialistes en recherche d'un second souffle inspirationnel n'ont pas menacé de contre manifestation violente; les politiques, les chercheurs ont travaillé leurs dossiers, les points d'achopement sont connus et tout un chacun va s'efforcer de ne pas porter la responsabilité d'un échec toujours possible.
Et puis surtout, il y a l'excellente qualité de la préparation des Danois, un peuple sérieux qui ne s'est jamais "pris la tête". S'il y a eu "quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark", ce petit Royaume y a mis bon ordre depuis longtemps à telle enseigne qu'aujourd'hui le Danemark se classe premier dans la catégorie des pays où il fait bon vivre.
On se rappellera en effet que depuis la remise en question du Produit Intérieur Brut comme mesure de l'importance d'une nation, différentes études ont été conduites pour mesurer à la place le Bonheur Individuel Brut. Le Président de la République avait d'ailleurs demandé à M. Stiglitz Prix Nobel d'économie de proposer un ou plusieurs indicateurs plus représentatifs que le seul PIB. J'ai eu l'occasion d'échanger avec vous à ce sujet dans différentes notes et en particulier dans celle intitulée : Avez-vous lu le rapport Stiglitz?
C'est dans le droit fil de ces travaux qu'il me semble nécessaire de créer un nouvel indicateur que je propose de nommer le Sustainable Development Awareness Index . ( SDA)
Partant du principe que la mesure d'un phénomène traduit l'importance qu'on lui accorde et qu'a contrario la non mesure de ce phénomène le relègue aux oubliettes, je propose donc que soit mesurée à l'échelle universelle la prise de conscience de chacun d'entre nous en matière de développement durable. Seul un tel indicateur qu'il faudra faire connaître et partager à l'échelon universel pourra développer la prise de conscience individuelle et faire rentrer ce concept dans le vécu de tout un chacun. Avec un cahier des charges clair, je suis persuadé qu'un groupe international de sociologues, d'économistes et de statisticiens pourrait dans un délai rapide nous proposer un indicateur déclinant les composantes d'une telle prise de conscience.
Copenhague débouchera nécessairement sur de multiples résolutions les une contraignantes, les autres pas mais formulons le voeu qu'après avoir souligné à nouveau et unanimement l'importance des problèmes de la planète, les chefs d'Etats nous dotent de l'outil qui permettra à chacun d'entre nous de contribuer à sa sauvegarde.
En attendant, je souhaite à tous les partcipants à Copenhague de trouver le temps de faire un détour par ses chateaux, ses palais et ses musées, et bien sûr par la petite siréne, car à quoi servirait-il de sauver la planète si l'on ne prend pas le temps de la visiter?
Paul Ohana
Président de la Commission Réforme de l'Etat
Fondation Concorde