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01 septembre 2007

Nicolas Sarkozy et le monde de l'entreprise: ou de l'importance du prisme en communication.

J'ai donc écouté avec beaucoup d'attention en professionnel l'intervention de Nicolas Sarkozy devant le parterre des 5.000 présents à l'Université du Medef.

J'ai apprécié la clarté de l'exposé, le volontarisme affiché et soutenu par une gestuelle adéquate, j'ai apprécié l'humour, les silences, la conviction mise dans les propos, une conviction qui a atteint son but puisque le Président a eu une "standing ovation" impressionnante de plusieurs minutes.

L'acoustique ne posant aucun problème, le vocabulaire étant accessible, nous avons donc tous "entendu" physiquement le même discours. Alors pourquoi sa restitution par les différents medias a-t-elle été aussi diverse, parfois aussi contradictoire? J'ai eu l'impression que nous avons entendu les uns et les autres un discours différent.

Les experts en communication vous diront qu'il y a un filtre entre l'émetteur et le récepteur qui va coder pour chacun d'entre nous le message en fonction de notre passé, notre culture , notre appartenance politique, ... et qui va nous faire entendre le  message  de nos attentes et pas forcément celui qui a été émis.

Ceci explique probablement pourquoi l'Huma titrait à propos du discours du Président de la République: "Une violente charge antisociale" alors que "Le Monde" dans son éditorial daté du 1er septembre écrivait: "Ce discours libéral n'était pas univoque. M.Sarkozy a cherché à rassurer les salariés. Oui il y a un problème de pouvoir d'achat" J'ajouterai qu'il s'est attardé sur le sujet, exemples à l'appui, et qu'il a vivement incité les chefs d'entreprises à revoir la question des salaires passée au second plan depuis la loi sur les 35 heures.

Nous avions deux prismes différents, trois avec le mien, et donc trois perceptions différentes.

Et pourtant, il est possible de sortir de cette impasse:

on peut ne pas laisser le prisme de nos perceptions premières nous dominer , on peur vouloir remplacer nos a priori par de l'empathie, une écoute et une compréhension de l'autre, en un mot accepter nous mêmes de changer,

c'est ce qu'on appelle l'ouverture.

Bonne soirée ,

Paul Ohana

Responsable de la Commission réforme de l'Etat

Fondation Concorde

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