Benchmarker c'est la santé : les messages forts d'une assemblée générale peu ordinaire
Un bravo, sans réserve, pour cette assemblée générale du Medef dans laquelle j'ai trouvé tous les ingrédients d'une réunion,
tonique,grâce à l'animation de l'adorable speakerine de la télévision belge, instructive, grâce aux apports des différents intervenants de qualité,
une réunion menée tambour de temps grâce à la règle des 2 minutes de parole respectée par tous,
impressionnante et porteuse de symbole enfin, il faut bien le dire, grâce au cadre exceptionnel du Parlement Européen dans lequel elle se déroulait.
Je n'entends pas revenir sur le contenu des différentes interventions, une excellente documentation nous a été remise et est téléchargeable sur le site http://www.benchmarkercestlasante.com
Par contre, je voudrais revenir sur quelques messages forts qui ont fait "tilt" chez moi.Tout d'abord cette bonne définition du benchmark de Laurence Parisot, que je partage:
"le benchmark, c'est la référence, le standard vers l'excellence" et j'ajouterai, c'est donc la voie à suivre, celle que d'autres ont empruntée avec succés, alors pourquoi pas nous?
Le benchmarking est donc une attitude qui implique volonté d'observer, de comprendre, d'adopter de nouvelles façons de procéder et donc de changer si besoin est.C''est une attitude nouvelle qui dénonce le fameux préjugé du NIH, (not invented here), qui accepte donc de comprendre qu'on peut parfois inventer et créer ailleurs aussi bien qu'ici,
C'est une une attitude qui transformerait notre exception française d'un repli frileux en une démarche de recherche de l'exceptionnel C'est une attitude enfin qui accepte que l'on change pout être tiré vers le haut plutôt que de se complaire dans des avantages acquis périssables.
Autre message fort: celui de la montée de l'économie quaternaire, cette économie qui va faire tomber la barrière entre "produits" et "services", ces produits qui ont été le règne de l'avoir plus qui vont faire la place à des services pour ""être mieux" ; ces fameux services appelés à tort services à la personne, associés restrictivement à l'image d'une personne handicapée du quatrième âge, alors que l'économie quaternaire va être la réponse à tous les besoins insatisfaits résultants des nouveaux modes de vie, des nouveaux rapports de travail, de la nouvelle organisation de la vie en famille ou en société,
Autre message analogue, celui qui fait passer le développement durable du stade de l'incantation à celui d'une nouvelle forme de création de richesses, de produits et services concrets à inventer, produire, distribuer durablement...
et pour conclure, ce clin d'oeil à cette forme de courage qui est le savoir dire oui, dire oui sans être avare de ses mots, sans formuler tout de suite un "oui mais" réducteur, dire un oui d'engagement responsabilisant, sans faux fuyant, sans parapluie.
Et c'est ce savoir dire oui qui justifiera de pouvoir dire non,un non pertinent, à propos, un dire non de courage à tous ceux qui se repliant sur eux-mêmes, sans autre forme de benchmarking, voudraient nous cantonner à voir le train passer alors que nous devrions en être la motrice.
Paul Ohana
Président de la Commission Réforme de l'Etat
Fondation Concorde
